Réseau canadien de recherche sur les médias numériques
Le RCNMD est un réseau pancanadien de laboratoires de recherche qui surveillent l’environnement informationnel numérique du pays. Ses incidents informationnels, ses notes d’écosystème et ses rapports électoraux sont publiés par le Centre pour les médias, la technologie et la démocratie.
Le réseau est financé par l’Initiative de citoyenneté numérique de Patrimoine canadien et coordonné par l’Observatoire de l’écosystème médiatique de l’Université McGill. Il se réunit chaque année à la conférence Attention
L’OEM collecte et partage des données de traces numériques pour son compte, afin qu’un laboratoire puisse interroger l’environnement informationnel canadien sans devoir d’abord bâtir la collecte nécessaire. Le réseau réunit aussi les chercheurs, la société civile, les journalistes et les organismes publics.
Faits saillants
Le réseau a été créé en 2023 et a depuis surveillé les élections en Alberta en 2023 et en Colombie-Britannique en 2024, l’élection fédérale de 2025, l’élection québécoise de 2026 et le référendum albertain de 2026, dans le prolongement des travaux antérieurs de l’OEM sur les élections fédérales de 2019 et 2021 et sur l’élection québécoise de 2022. En octobre 2023, il a publié le premier rapport sur l’écosystème médiatique canadien, une cartographie de la façon dont les Canadiens produisent, partagent et consomment l’information. Le rapport sur l’élection fédérale de 2025 n’a relevé aucune preuve d’ingérence étrangère clandestine d’importance, mais il a aussi décrit un environnement façonné par les influenceurs, la manipulation numérique et la polarisation, où les tentatives de manipulation et les allégations visant l’intégrité électorale minent la confiance du public. Pour l’élection québécoise d’octobre 2026, le réseau a publié un portrait de référence de l’environnement d’information de la province et des bilans hebdomadaires tout au long de la campagne. En amont du référendum albertain du 19 octobre, il a fait état des influenceurs, du contenu généré par l’IA et de l’intérêt étranger qui façonnent le débat en ligne et des allégations de fraude électorale qui circulaient avant le vote.
Trois constats reviennent dans l’ensemble de ces travaux. D’abord, les influenceurs politiques font désormais plus de bruit que les médias d’information ou les partis : pendant la campagne de 2025, ils ont produit près de la moitié de tout le contenu politique, contre 28 % pour les médias d’information et 18 % pour les politiciens. Ensuite, la conversation est en grande partie canadienne, portée par des créateurs d’ici. L’ingérence d’États étrangers en 2025 a été mineure, alors que le désordre informationnel d’origine intérieure a été important. Les exceptions se remarquent justement parce qu’elles sont rares, comme le financement de Tenet Media par l’État russe, qui payait des influenceurs canadiens. Enfin, les plateformes elles-mêmes ont changé la donne. Le retrait de Meta a fait disparaître l’essentiel des nouvelles canadiennes de Facebook et d’Instagram, l’engagement envers les politiciens conservateurs fédéraux sur X a augmenté de 52 % depuis le rachat par Musk, et les chercheurs ont moins accès aux données des plateformes qu’il y a cinq ans. Les plateformes d’IA font leurs propres choix : les robots conversationnels puisent dans le journalisme canadien, mais nomment rarement les médias et, soumis à une pression soutenue, certains produisent du contenu nuisible bien plus facilement que d’autres.
Les enquêtes du réseau ont mis au jour des opérations qui tirent profit des Canadiens. Pendant l’élection de 2025, il a constaté que des plateformes hébergeaient des publicités frauduleuses générées par l’IA et en tiraient des revenus, des publicités qui imitaient CBC et CTV. Il a identifié un réseau de 340 pages Facebook géré depuis l’étranger qui diffusait de fausses nouvelles fabriquées par l’IA au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe pour engranger des revenus publicitaires, financé en partie par des annonceurs canadiens. Et il a découvert un réseau de 20 chaînes YouTube inauthentiques faisant la promotion de la sécession de l’Alberta et de l’annexion par les États-Unis, qui a été retiré après la publication du rapport.
Liste de diffusion du CMTD
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Publié sous l’égide du CMTD — mediatechdemocracy.com